Gaston Marty, l’explorateur des mots

Vendredi 11 décembre 2009, par Mots Passants

Dans le cadre de nos rencontres poétiques mensuelles, nous recevons au mois de décembre l’un des poètes les plus modestes et discrets de la région, et qui aurait pourtant lieu d’être bien présent parmi les amoureux de la langue et du langage poétique.
Gaston Marty, ancien professeur d’espagnol des classes préparatoires aux grandes écoles, au lycée Joffre de Montpellier, est passionné et reconnu pour sa connaissance de Federico Garcia Lorca.

Expert en écriture de notre langue, poète discret, au monde intérieur mystérieux, s’excusant presque d’être là où on le convie, Gaston Marty est l’auteur de plusieurs recueils de poésie, où la vie passée s’actualise au fil des pages dans une langue sans concessions, où le monde intérieur s’exhale telle la fumée douce et légère d’une habitation discrète, laissant apparaître le feu intérieur qui en réchauffe les âmes.
Ce monde est aussi le témoignage d’une vie consacrée à l’écriture, pour laquelle chaque mot, non content de s’écrire se grave dans nos mémoires :

« Je savais en sa cuisine trouver salon
Aux reflets de feu sur mosaïque gauchement réparée
Table aussi que l’on touche à regret
Par peur de blesser la nappe et défleurir le temps. »
 [1]

Artisan infatigable au sein de la revue « Souffles » à laquelle il travaille sans relâche, il apporte des qualités de rigueur et d’analyse, par les corrections qu’il y fait, les poèmes qu’il y fait paraître, et les comptes-rendus de lecture qu’il y rédige.
Gaston Marty est un homme attachant dont on espère qu’il vous attachera vous aussi à la chaîne si délicate, mais si solide, de ses mots :

« Nous fûmes simples comme soleil enrichi
Aube qui se pétrit
Aube qui se met au monde
Eau éclatant sur les parois. »
 [1]

[1] : Extraits de son dernier recueil : « Quatre saisons, un désir », paru aux Éditions de l’Atlantique, collection Phoïbos

Vendredi 11 décembre à 19 h 30 précises
à la librairie « Book Shop »
8 rue du Bras de fer
34000 MONTPELLIER

Entrée 4 €, une boisson comprise

Voir le plan

Réagir à ce texte

5 Messages de forum

  • Gaston Marty, l’explorateur des mots 11 décembre 2009 08:25

    QUATRE SAISONS UN DÉSIR

    Gaston Marty

    Éditions de l’Atlantique - 2009

    Attentif à la continuité des jours, des êtres et des choses, Gaston Marty poursuit, avec constance, son chemin de poésie. « Piéton du sable au rendez-vous de la voile conquise », nous l’accompagnons maintenant dans sa marche vers « les lieux essentiels », ceux où « nous y écoutons le printemps écarquiller les écorces ».

    Portés par les vents singuliers de chacune des quatre saisons, nous devenons les hôtes des demeures du poème. Ces maisons qui témoignent d’abord d’un passé dont on ne doute pas, mais aussi cette maison « tellement éphémère », cette autre « inachevée » et celle « ouverte une fois l’an en clarté d’âme ». Lorsque, dominé par l’incertain, nous observons les intérieurs de ces domiciles avec « des yeux rouillés », leurs portes paraissent invisibles ; elles ouvrent alors sur l’absence, la solitude, le dépérissement. Pourtant, lorsque « s’élèvent les feux tressés du bonheur », une surabondance de vie s’empare du logis, nous coïncidons avec ces « instants de privilèges » ; passé et présent se rejoignent et nous posons « nos pas dans les pas identiques au présent d’alors ».

    Dans la poésie de Gaston Marty, la nostalgie ne s’abandonne pas aux regrets et aux lamentations ; elle n’engendre pas qu’une élégie ; elle dit avec finesse (« mais il existe finesse ») et subtilité que nos entrées successives dans la vie sont autant d’expériences sensibles de notre appartenance au monde. Expériences méticuleuses de la durée qui comportent, certes, errance et dépossession mais qui nous offrent aussi découvertes et explorations des possibles, ces moments de plénitude, de montée « de la sève qui cherche le jour ».

    Composé en strophes régulières dans lesquelles le tercet est fréquent, ce recueil nous rend plus réceptifs au passage du temps : à la fois blessure de la perte, angoisse de la finitude et exaltation de l’amour « plus démesuré qu’un condor », célébration du « soleil de l’instant ».

    Il est une figure qui, déjà présente dans les précédents poèmes de Gaston Marty, symphonise la prosodie du présent recueil : l’ellipse. Usant avec talent du pouvoir de concision de l’ellipse, l’auteur nous donne à entendre ce trope qui sert rythme de basse et chorus de cordes ailées. Voici un « Il sera malaisé de rester barbares à moins d’accepter homme fou maîtrisant cheval fou » ; voilà ce « nous permettons mains blanches effilées » ou encore ce « par brûlure je le sais la terrasse est montrée » qui potentialise la plaie en soi du geste de l’autre. Ici le serré du phrasé n’est pas dessèchement, il implique condensation et intensité. On est proche d’Yves Bonnefoy qui, lui aussi mène sa quête du « vrai lieu[1] », ce monde où se noue « le dialogue d’angoisse et de désir[2] ».

    Un désir, qui vient ici, rendre inédit, le cycle unique de quatre saisons.

    amiacalement......angelique

    Répondre à ce message

    • Gaston Marty, l’explorateur des mots 26 mars 2010 18:25, par Jacques GUIGOU

      Et bien cette « Angelique » n’est qu’une minable diablesse qui a racketté le compte rendu rédigé par Jacques Guigou du livre de Gaston Marty. Compte rendu qui doit paraître dans le prochain numéro de la revue Souffles en avril 2010. Le forfait a été commis en opérant un copié collé sur le site de Jacques Guigou comme vous pouvez le vérifier ici http://www.harmattan.fr/minisites/i... saisons Il convient donc que le webmaster du présent site supprime le prénom et le remplace par le nom et le prénom de auteur du texte ici mis en ligne perversement. Jacques Guigou

      Voir en ligne : http:/http://www.harmattan.fr/minis...

      Répondre à ce message

      • Gaston Marty, l’explorateur des mots 27 mars 2010 07:47, par Mots Passants

        Merci de ta contribution, Jacques. Nous ne pouvons hélas modifier le contenu du message ; en revanche, nous avons adressé un courrier interdisant désormais à cette personne d’intervenir à nouveau sur notre site. À plusieurs reprises déjà, nous avons demandé aux internautes de bien vouloir s’identifier, et nous sommes en train de mettre en place un système qui oblige à laisser des coordonnées exploitables sous peine de ne pas publier les articles douteux. Nous y veillerons de manière encore plus intraitable désormais.

        Répondre à ce message

      • Gaston Marty, l’explorateur des mots 27 mars 2010 07:56, par Mots Passants

        Nous modifions ici l’article relatif à Gaston Marty, et le rendons à son destinataire, Jacques Guigou, en lui présentant nos excuses.

        QUATRE SAISONS UN DÉSIR Gaston Marty Éditions de l’Atlantique – 2009 Attentif à la continuité des jours, des êtres et des choses, Gaston Marty poursuit, avec constance, son chemin de poésie. « Piéton du sable au rendez-vous de la voile conquise », nous l’accompagnons maintenant dans sa marche vers « les lieux essentiels », ceux où « nous y écoutons le printemps écarquiller les écorces ». Portés par les vents singuliers de chacune des quatre saisons, nous devenons les hôtes des demeures du poème. Ces maisons qui témoignent d’abord d’un passé dont on ne doute pas, mais aussi cette maison « tellement éphémère », cette autre « inachevée » et celle « ouverte une fois l’an en clarté d’âme ». Lorsque, dominé par l’incertain, nous observons les intérieurs de ces domiciles avec « des yeux rouillés », leurs portes paraissent invisibles ; elles ouvrent alors sur l’absence, la solitude, le dépérissement. Pourtant, lorsque « s’élèvent les feux tressés du bonheur », une surabondance de vie s’empare du logis, nous coïncidons avec ces « instants de privilèges » ; passé et présent se rejoignent et nous posons « nos pas dans les pas identiques au présent d’alors ». Dans la poésie de Gaston Marty, la nostalgie ne s’abandonne pas aux regrets et aux lamentations ; elle n’engendre pas qu’une élégie ; elle dit avec finesse (« mais il existe finesse ») et subtilité que nos entrées successives dans la vie sont autant d’expériences sensibles de notre appartenance au monde. Expériences méticuleuses de la durée qui comportent, certes, errance et dépossession mais qui nous offrent aussi découvertes et explorations des possibles, ces moments de plénitude, de montée « de la sève qui cherche le jour ». Composé en strophes régulières dans lesquelles le tercet est fréquent, ce recueil nous rend plus réceptifs au passage du temps : à la fois blessure de la perte, angoisse de la finitude et exaltation de l’amour « plus démesuré qu’un condor », célébration du « soleil de l’instant ». Il est une figure qui, déjà présente dans les précédents poèmes de Gaston Marty, symphonise la prosodie du présent recueil : l’ellipse. Usant avec talent du pouvoir de concision de l’ellipse, l’auteur nous donne à entendre ce trope qui sert rythme de basse et chorus de cordes ailées. Voici un « Il sera malaisé de rester barbares à moins d’accepter homme fou maîtrisant cheval fou » ; voilà ce « nous permettons mains blanches effilées » ou encore ce « par brûlure je le sais la terrasse est montrée » qui potentialise la plaie en soi du geste de l’autre. Ici le serré du phrasé n’est pas dessèchement, il implique condensation et intensité. On est proche d’Yves Bonnefoy qui, lui aussi mène sa quête du « vrai lieu[1] », ce monde où se noue « le dialogue d’angoisse et de désir[2] ». Un désir, qui vient ici, rendre inédit, le cycle unique de quatre saisons. Jacques Guigou

        Répondre à ce message

        • Gaston Marty, l’explorateur des mots 25 avril 2011 08:08, par Mots Passants

          A propos de Gaston Marty J’ai 68 ans, j’ai été un de ses élèves à la fin des années 50 au lycée Benjamin Franklin à Orléans. J’ai passé toute ma jeunesse dans cette ville et depuis 1966 j’habite la banlieue nantaise. Au delà de son enseignement de l’espagnol, il a été pour moi le professeur qui a le plus compté dans ma découverte de la littérature, plus particulièrement de la poésie et « par ricochet » de l’expression artistique en général. Il a aussi été le « catalyseur de mon passage à l’acte » dans la pratique de l’écriture et des arts plastiques. Il ne nous a pas seulement transmis des connaissances mais un état d’esprit. Derrière sa discrétion et son humilité il y a une très forte personnalité, une grande lucidité et un esprit rebelle, c’est sans doute cela qui me l’a rendu encore plus attachant. Jamais je ne pourrai assez le remercier pour avoir su nous hisser vers la découverte, le savoir et l’envie de s’exprimer. Cordialement Pierre Giroire

          Répondre à ce message