Eugenio Montale, poète du 18 mars 2016

Vendredi 18 mars 2016, par Administrateur

MARÉE BASSE

Soirées de cris, lorsque la balançoire
oscille sous la tonnelle d’alors
et qu’une vapeur sombre voile à peine
la fixité de la mer.

Fini ce temps. À présent franchissent le mur
de rapides vols obliques, la descente
De toute chose ne s’arrête pas et sur la rive
escarpée s’estompe même le rocher
qui le premier te porta sur les vagues.

Dans le souffle du printemps arrive
un lugubre ressac
d’existences aspirées ; et dans le soir,
noir liseron, seul ton souvenir
s’enroule et se défend.

Il se lève sur les remblais, sur le tunnel plus loin
où très lentement le train s’enterre.
Puis un troupeau lunaire survient
sur les coteaux, invisible, et les broute.

Eugenio Montalehttps://fr.wikipedia.org/wiki/Eugen...

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