Michel Tournier « Le Coq de bruyère » (nouvelles)

Jeudi 9 avril 2015, par Jean Gelbseiden

Livre de nouvelles, destiné à passer un bon moment, sans se fracasser la tête contre les idées reçues ni les banalités de l’écriture, ce recueil m’a à nouveau comblé d’aise tant il est truffé d’originalité, de bizarreries voulues, d’enchevêtrements curieux et incitatifs à poursuivre.
Et voilà comment on passe, sans s’en rendre compte de la première à la dernière page, inassouvi jusqu’à la fin, tant il est grandiose de drôlerie...

Il faut dire, et je le dirai, que l’auteur n’est pas n’importe qui, qu’il a été rendu célèbre par de nombreuses de ses œuvres dont la plus connue et la plus intrigante est certainement « Vendredi ou les limbes du Pacifique » et qu’il s’agit, vous l’aurez reconnu, de Michel Tournier. Né à Paris en 1924 il est honoré par le grand prix du roman de l’Académie Française, et — détail ? — le prix Goncourt pour le roi des Aulnes. Excusez du peu… Si donc vous êtes passé — par hasard ou malchance — à côté de ces deux œuvres maîtresses de la littérature française (Maîtresse est en l’occurrence le bon mot, puisque son écriture nous en demande toujours plus et que nous ne faisons que lui obéir au long des lignes et des chapitres !), précipitez-vous chez votre libraire préféré, faites-lui la cour, du charme, du chantage, proférez des menaces à son encontre, mais ne repartez pas sans un exemplaire de l’une ou l’autre de ces œuvres précitées.

Quant au « Coq de bruyère », depuis la famille Adam jusqu’au fétichiste, en passant par les suaires de Véronique, il vous fera passer le temps comme rarement un livre peut prétendre le faire. Si vous n’avez plus de sous, que votre parrain est mort et votre grand-mère itou, la médiathèque de votre quartier consentira sans doute à vous le prêter quelques jours moyennant une dîme aussi discrète que symbolique...

« Le Coq de bruyère », nouvelles, paru au Livre de poche.
par Michel Tournier

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